DEATHLOOP : Shebam, pow, blop, wizz… pan dans les 60s

Brillant et intimidant jeu d’action-tir en vue subjective et, surtout, de cache-cache ultime, la nouvelle réalisation du studio lyonnais Arkane renverse la table et bouscule les neurones.

Grand spécialiste de la « simulation immersive », les productions Arkane immergent dans des architectures sophistiquées (cités victoriennes steampunk de Dishonored 1 et 2, station spatiale art déco de Prey), où le joueur a presque le contrôle physique sur les lieux, les objets et les évènements.En refusant la progression chapitrée chronologique de l’aventure, Deathloop bouscule ces conventions et entraine de façon audacieuse dans une boucle temporelle infernale qui échappe toujours au joueur.

Notre destin consiste justement à maîtriser en la revivant sans cesse cette boucle temporelle digne des films Un jour sans fin et Edge of Tomorrow. Prisonnier d’une île rocheuse où des millionnaires délirants se sont inventés une journée éternelle de jouissance, le héros recommence les mêmes 24h du matin au soir en se réveillant sur la même plage de sable noir d’une mer gelée. Totalement imbriquées dans le scénario, les règles complexes de gameplay imposent lecture copieuse et gymnastique cérébrale avant de comprendre les enjeux et surtout la méthode à suivre. Une charge mentale à accepter qui conduit le joueur/cobaye à ressentir émotionnellement et intellectuellement le gameplay et le scénario entremêlés.

Ambiance James Bondienne jazzy, ultra violence clownesque à la Orange Mécanique…, Deathloop multiplie les références culturelles des années 60-70 et donne à jouer une oeuvre plastique complexe et unique. Sans se prendre pour autant trop au sérieux. 

PC et PS5
Action-tir-infiltration-énigmes
VF et VO anglaise sous-titrée
1 joueur, 2 joueurs en ligne
PEGI : à partir de 18 ans
Arkane Studios (Lyon), Bethesda

François Bliss de la Boissière

(Publié dans le mensuel Comment ça marche / décembre 2021)


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LA FRACTURE : Du rire aux drames (Avis express)

En enfonçant sa caméra scalpel au coeur des motivations et blessures des manifestations de gilets jaunes fin 2018, la réalisatrice-scénariste de La Belle saison (2015) plonge sans anesthésie dans la plaie béante de la crise économique, sociale et politique qui divise la société française.

Le tout avec un mélange de légèreté (les gags et les gaffes pleuvent) et de profondeur (les souffrances physiques et psychiques sont réelles) qui laissent sans défense.

On pensait avoir tout vu et tout compris des difficultés des hôpitaux avec les films et la série Hippocrate de Thomas Lilti et puis quand les violences policières cognent à la porte des urgences d’un hôpital parisien submergé, le réel et le niveau d’intensité grimpent jusqu’à ébullition. Dans l’énorme capharnaüm où les urgences s’entassent, les actrices et acteurs eux aussi au bord de l’implosion osent des prestations tragicomiques inoubliables. Un film français coup de poing rare et précieux.

De Catherine Corsini, avec Valeria Bruni Tedeschi, Marina Foïs, Pio Marmaï…

François Bliss de la Boissière

(paru dans le mensuel Comment ça marche / novembre 2021)

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KENA : BRIDGE OF SPIRITS : Trop beau et pourtant vrai

Inspirée par la culture mystique indonésienne de Bali, musiques traditionnelles, sanctuaires sacrés et guides spirituels entrainent la jeune Kena dans des villages rustiques, des forêts oubliées aux arbres gigantesques, le long de torrents à l’eau cristalline.

Dans son parcours presque intimiste dans la nature, Kena se fait accompagner de petits esprits à débusquer dans les buissons, sous des pierres ou des coffres cachés. Plus lestes que les fameux Pikmin, ces dizaines de créatures adorables papillonnent telle une nuée de moineaux. Ils se posent ici et là autour d’elle, montrant parfois le chemin. Compagnons fidèles, ils ronronnent de plaisir quand Kena les nourrit de baies et, sous ses commandes, participent activement à la résolution des mystères et des combats. En accumulant du karma, ils ajoutent des coups spéciaux à la puissance du bâton magique et de l’arc de lumière de Kena.

Premier jeu vidéo d’un studio d’animation 3D, Kena profite d’un savoir faire visuel éblouissant à la hauteur d’un film d’animation 3D du cinéma. Et s’il fallait alors s’inquiéter d’une prise en main moins réussie lors d’un premier essai interactif trop beau pour être vrai, pas de réserves, les commandes fonctionnent merveilleusement et très précisément à chaque instant.
Une aventure à la Zelda aussi magique à jouer qu’à regarder. 

PC, PS4, PS5
Action-aventure
VO anglaise sous-titrée
1 joueur
PEGI : à partir de 12 ans
Ember Lab

François Bliss de la Boissière

(paru dans le mensuel Comment ça marche / décembre 2021)


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The Ascent : ivresse cyberpunk

L’univers cyberpunk confirme son grand retour au premier plan dans le jeu vidéo depuis un an ou deux. Et, bonne nouvelle, en prenant le joueur par surprise, le presque inconnu The Ascent réussit enfin ce que le trop médiatisé Cyberpunk 2077 avait promis : l’immersion dans une grouillante mégalopole cyberpunk de demain.

La réussite étonne d’autant plus que toute la perspective de jeu utilise une vue éloignée en 3D isométrique à l’ancienne (caméra toujours au-dessus du décor et des personnages). Ville industrielle verticale habillée de néons, fumées, vapeurs et métaux luisants, l’Arcologie fourmille de détails crédibles, des machineries mystérieuses aux voitures volantes, des androïdes ouvriers aux drones fluorescents survolant les rues.

Le joueur, ouvrier lui-même, commence son trajet dans le Cloaque, le sous-sol poubelle, et remonte, armes à la main, les strates verticales de la mégalopole. Le gameplay nerveux et solide, praticable seul ou à plusieurs ensemble, utilise un système de tirs et de roulades d’esquive très performants, surtout avec la possibilité de s’abriter derrière des obstacles façon « cover shooter » culottée dans cette perspective à distance du jeu.

Créé par un nouveau studio indépendant installé en Suède réunissant toutefois des vétérans du jeu vidéo, The Ascent est une sorte de rêve éveillé où on arpente les ambiances jusque là inaccessibles des films Blade Runner ou Outland, des intérieurs poisseux digne de l’univers des films Alien… Le joueur y vient pour les fusillades et y reste pour absorber une ambiance cyberpunk noire, dense et hypnotisante.

PC, Xbox One et Series
Genre : action-tir/jeu de rôle
VO anglaise sous-titrée

1 à 4 joueurs en coopération (local ou en ligne)
Inclus dans abonnement Xbox/PC Game Pass
PEGI : à partir de 18 ans
Neon Giant

François Bliss de la Boissière

(publié dans le mensuel Comment ça marche / novembre 2021)


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MARVEL’S GUARDIANS OF THE GALAXY : Les nouveaux champions du jeu vidéo

Personne n’attendait vraiment une telle réussite. En jeu vidéo, les chamailleurs gardiens de la galaxie n’ont rien à envier à ceux du cinéma !

La production ambitieuse s’impose dès la première mission. L’équipe hétéroclite de mercenaires de l’espace cherche son chemin dans le dédale d’un cimetière de vaisseaux spatiaux englués dans des bulles de matière rose (« nanorésine ») qui ressemblent furieusement à du chewing-gum. Plus tard, la flore sinueuse d’une planète orageuse évoque de la guimauve luisante.

Depuis Pandora d’Avatar, on n’avait pas visité des planètes aussi belles et folles. Psychédélisme, surréalisme et humour visuel cohabitent avec décontraction et imagination. Particulièrement bien écrites, les disputes hilarantes des héros égocentrés, vanneurs et jamais d’accord, surfent sur une bande son musicale années 80 choc (Simple Minds, Culture Club, WHAM!, Blondie, A-HA…). Le tout soutenu par généreuse partition orchestrale hollywoodienne.

Plus important encore, manette en main, entre balade découverte, exploration, mini casse-têtes et combats où Star-Lord commande à distance ses partenaires Drax, Gamora, Groot et même le grognon Rocket, le gameplay tout terrain entretien la flamme. Privilège rare, Les Gardiens de la Galaxie rentrent ainsi dans le club très fermé des adaptations réussies en jeu vidéo.

PC, PS4, PS5, Xbox One et Series
Action-aventure
VF et VO sous-titrée
1 joueur
PEGI : à partir de 16 ans
Eidos Montreal, Square Enix

François Bliss de la Boissière

(publié dans le mensuel Comment ça marche / novembre 2021)


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Microsoft Flight Simulator : Ça plane pour nous

Déjà un an que les joueurs PC survolent paisiblement la planète aux commandes d’avions de ligne ou de plaisance. Un an afin que l’équipe bordelaise d’Asobo Studio adapte sur consoles Xbox Series les gourmandes technologies graphiques et de modélisations cartographiques et météorologiques en temps réel.

Bien que ce simulateur de vol arbore historiquement le nom de Microsoft depuis son origine en 1982, un studio français (cocorico !) a pour l’essentiel a développé le programme. Si tous les jeux vidéo sont de facto des simulateurs (de guerre, de jeux de rôle, de sports…), la frontière séparant logiciel d’apprentissage et jeu devient plus compliqué à cerner avec ce simulateur de vol reproduisant fidèlement le comportement de vrais avions. Ici, d’épreuves il n’y a pas sinon de réussir à faire décoller son avion en suivant les très exigeantes règles de pilotage.

Heureusement, devant des interfaces pas toujours intuitives héritées des souris et claviers du monde PC, le programme contient une sélection de décollages clés en mains où le pilote amateur se contente de survoler des destinations préenregistrées. Une fois les commandes « maîtrisées », chacun choisira sa première destination, souvent le survol de sa maison ou immeuble.

Façon Icare, nos premiers vols ont d’abord visé le soleil et la canopée de nuages au-dessus de la terre.

Xbox Series S et X (déjà sur PC)
Simulateur de vol
1 joueur
Inclus dans abonnement Xbox/PC Game Pass
PEGI : tout public
Asobo Studio, Microsoft

François Bliss de la Boissière

(publié dans le mensuel Comment ça marche / novembre 2021)


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