BEST OF FILMS 2025 : L’Amérique en feu et en cendres

Sans le choc One Battle After Another, la cuvée cinéma 2025 serait-elle bonne ? Sans doute pas. Reste les films « ambulances » d’une Amérique malade d’elle-même.

Pour la première fois (depuis… toujours ?) lister les 10 films vus et qui comptent dans l’année se révèle délicat. Au point d’être tenté de se contenter d’un top 5. Car des films inédits il y en a eu, en salles comme sur les plateformes digitales, on en a même vu 83, mais des films qui restent en mémoire, qui résonnent longtemps après les avoir visionnés ? Où sont-ils ? Je ne crois pas que cela soit mon avis seul.
Pointer les films plus ou moins ratés, inutiles ou trop faciles d’auteurs reconnus générera une liste hélas bien plus longue. Steven Soderbergh (2 films !), Edward Burns, Alex Garland, Celine Song, Danny Boyle, Gareth Edwards, Spike Lee, Ari Aster, Joseph Kosinski, Paul Greengrass, Bong Joon Ho, Francis Lawrence, Martin Bourboulon, Darren Aronofsky, Benny Safdie, Luca Guadagnino, Yorgos Lanthimos, Noah Baumbach, Edgard wright, Scott Cooper… autant de réalisateurs dont on attend quelque chose de vraiment notable qui se sont, ou ratés, ou mis au service de sujets (ou acteurs) qui n’en méritaient pas tant en 2025. Il faut peut-être mettre cela sur le compte des bouleversement de fonctionnements entre Hollywood et les services de streaming, et donc de la difficulté à financer les films. Parce que évidemment, les talents sont toujours là et les mises en scène ne déméritent pas forcément.
En ce qui concerne mes goûts personnels contre l’avis général et leurs qualités indéniables, je reconnais avoir en plus eu un franc rejet avec The Brutalist de Brady Corbet, Sinners de Ryan Coogler, et le Frankenstein de Guillermo del Toro. L’un pour son pénible spectacle d’humiliation passive et permanente, l’autre pour son racisme mis en scène pour mieux justifier un revenge movie, et le dernier pour la grandiloquence (pour ne pas dire grand guignol) sans émotion.

Mes 10 films préférés en 2025

  • One Battle After Another (de Paul Thomas Anderson)
  • A House of Dynamite (de Kathryn Bigelow)
  • Sovereign (de Christian Swegal)
  • Train Dreams (de Clint Bentley)
  • La Venue de l’avenir (de Cédric Klapisch)
  • Il Treno Del Bambini (« The Children Train » de Cristina Comencini)
  • A Complete Unknown (de James Mangold)
  • The Great Flood (de Byung-woo Kim)
  • Superman (de James Gunn)
  • Avatar : Fire and Ash (de James Cameron)

Allo ? L’Amérique ne répond plus..

One Battle After Another

Que reste-il alors du cinéma ? Rassembler les films « ambulances » qui essaient de témoigner de l’accélération de la chute de l’empire américain. À ce titre le One Battle After Another de Paul Thomas Anderson trouve un improbable équilibre entre comédie burlesque, satire sociale et pamphlet politique. Un film « révolutionnaire » qui ne pouvait mieux tomber à pic dans l’Amérique en crise morale en 2025. Plus sobre mais coup de poing aussi au ventre, le A House of Dynamite de Kathryn Bigelow s’attaque frontalement à notre anéantissement en temps réel de manière quasi documentaire. La réalisatrice n’avait pas tapé aussi fort depuis Zero Dark Thirty. Sans doute passé inaperçu, Sovereign va directement à la racine du mal américain où le soit disant « pays de la liberté », dont la liberté de parole, conduit une population repliée sur elle-même à s’affranchir de toutes les règles communes, et de tout bon sens devrait-on ajouter. Entre conviction passionnelle et folie contrôlée Nick Offerman y livre d’ailleurs un numéro d’acteur exceptionnel. Très inspiré des poèmes cinématographiques de Terrence Malick, Train Dreams va chercher plus en amont encore au début du 20e siècle l’aspiration pionnière américaine déjà minée par l’exploitation et le racisme. Du côté français, c’est à nouveau du côté de Cédric Klapisch que revient une belle respiration et une bienveillance à travers les siècles qui fait du bien dans La Venue de l’avenir. Le déchirant film de Cristina Comencini (fille du célèbre réalisateur italien) Il Treno Del Bambini nous entraine avec émotion et consternation dans une Italie de 1946 où l’enfance se perd dans la misère des villes. Même si la moue boudeuse (au cinéma) de Timothée Chalamet commence à lasser, la reconstitution de l’Amérique folk rock des années 60 de A Complete Unknown où le talent de Bob Dylan a surgi fascine forcément quand on s’intéresse à la musique (ce que échoue à faire le film hagiographique mollasson sur Springsteen cette même année). Le très inattendu coréen The Great Flood sur Netflix ose mélanger film catastrophe et bad trip SF écologique qu’on ne voit pas plus venir que la vague qui emporte tout.

Concluons sur les deux desserts trop sucrés que sont le Superman reboot de James Gunn et le beaucoup trop étendu retour d’Avatar de James Cameron. Que serait le cinéma sans quelques blockbusters locomotives, n’est-ce pas ? Comic book jusqu’au bout des gags et bagarres, le nouveau Superman retourne en enfance et vaccine Clark Kent de la noirceur endémique des hommes d’acier de Zack Snyder. James Cameron s’amuse lui-même à le dire en interview, il n’a que 5 ou 6 idées qu’il recycle de films en films. Et cela se voit de plus en plus avec le diptyque aquatique familial ajouté au toujours original et bien meilleur premier Avatar. Le spectacle est là, la 3D fluide aussi (en HFR si possible) mais le scénario redondant enfonce des portes déjà bien ouvertes. Un seul film au lieu de deux comme prévu initialement n’aurait-il pas été préférable ? Cela étant dit, Avatar : Fire and Ash nous ramène quand même irrésistiblement en masse dans les cinémas alors, comme dirait un autre metteur en scène qui compte, la reconquête du cinéma en salle c’est aussi, film après film,… « une bataille après l’autre ».

François Bliss de la Boissière

Et aussi…

Quelques films qui font mouche sans effort apparent…

Companion (Drew Hancock). Un petit avant-goût bien musclé de l’usage (et donc de l’abus) domestique de l’IA.

Une Pointe d’amour (Maël Piriou). Un road-movie français plein de générosité.

The Life of Chuck (Mike Flanagan). Une belle introspection poétique (et dansante parfois) entre la vie et la mort.

Des films qui ne fonctionnent pas mais qui auraient dû…

Mickey 17
Eddington
28 Years Later
The Insider
Materialist
Warfare
Springsteen : Deliver Me From Nowhere

BEST OF JEUX 2025 : un choix personnel clair et pas du tout obscur

Le jeu le plus récompensé et consensuel de l’année 2025 VS son jeu vraiment préféré et ses jeux les plus joués, il faut assumer. Quitte à « trahir » sa patrie.

Si, comme tout joueur attentif, mon coeur a fondu dès les premières minutes du made in France Clair Obscur : Expedition 33 (essayé sur Xbox Game Pass, aussitôt acheté sur le meilleur écrin PS5 Pro), le système de combat au tour par tour hérité, et même amélioré, des JRPG ne me convient pas sur la durée. Idem, désormais devenu enfant des mondes (ou espaces) ouverts, je me lasse vite de la linéarité des niveaux du jeu de Sandfall Interactive, comme ceux de Metroid Prime 4 Beyond. C’est une affaire de ressenti personnel évidemment, et pas d’une critique négative de ces jeux tout à fait exceptionnels et légitimes dans la concrétisation de leur idée. Le phénomène commercial puis médiatique mérité de Clair Obscur est tel qu’il oblige quand même un peu à justifier de ne pas le placer en haut de son palmarès. Dont acte.

Mes 10 jeux préférés de 2025…

  • Avowed
  • Hell is US  
  • Borderlands 4
  • Clair Obscur : Expedition 33
  • Donkey Kong : Bananza
  • Atomfall
  • Little Nightmares III
  • The Outer Worlds 2
  • The First Berserker : Khazan
  • Metroid Prime 4 : Beyond

En commercialisant la même année deux énormes RPG d’aventure-action tout en s’occupant de Grounded 2, le studio déjà historique Obsidian Interactive s’installe définitivement en 2025 dans le précieux podium des studios très haut de gamme. Plus orienté action, l’inédit et flamboyant Avowed surprend avant tout avec un level design qui transforme chaque paysage en véritable terrain d’exploration méticuleux. Le joueur avance de manière organique dans des biomes originaux très colorés comme certain des personnages. Avowed assume une certaine insolence visuelle entre humour et culot (personnage aquatique, fourreux au duvet rose…) vraiment rafraichissante dans l’exercice du RPG américain muté en jeu d’action crédible. Au sein d’un tout autre univers plus futuriste aussi satirique, The Outer Worlds 2 du décidément prolifique Obsidian, avance en plus calme sur le même terrain : espaces concrets à explorer, combats nettement plus solides que lors du premier opus. Un vrai régal d’aller au devant des décors et des conflits localisés. Dommage que, contrairement au plus économe Avowed, The Outer Worlds 2 se laisse aller à beaucoup trop de dialogues qui, d’un point de vue scénaristique pur, ne sont que du remplissage auto complaisant façon « maître de jeu de rôle » trop bavard.

Hell Is Us

L’autre bombe inédite de 2025 est Hell Is Us (qui gagne sans équivoque le prix du meilleur titre de l’année : « L’Enfer c’est nous »). Attiré par le concept médiéval (donjons) et futuriste (drone allié) mélangé puis réticent devant une interface compliquée limite absconse et, là aussi, trop de mots écrits pour dire les choses, Hell Is Us se révèle d’une profondeur interactive inattendue et puissante. Il faut se laisser pénétrer progressivement par l’intention des auteurs. Paysages extérieurs, intérieurs et créatures ennemis ne ressemblent à rien d’autre. L’histoire autour d’une guerre civile nous entraine aussi sur un terrain émotionnel inédit. Il faut remonter à This War of Mine de 2014 pour retrouver ce type de trouble politico-humanitaire.

Borderlands 4 est un cas à part en ce qui concerne ma connaissance de la série d’un studio Gearbox Software dont il faut un peu se méfier (quelques casseroles à son actif). Attiré depuis toujours par les visuels BD marqués et l’ambiance Mad Max humoristique foutraque, aucun des jeux Borderlands n’a jamais réussi à me rester dans les mains : fusillades au touché flottant s’appuyant essentiellement sur des ennemis éponges à balles et donc des stats de progression, sans compter les soucis techniques récurrents, la série ne me laissait rien attendre de Borderlands 4. Attrapé tardivement ma surprise fut totale. Techniquement et artistiquement impeccable Borderlands 4 se révèle un jeu de tir qui emprunte presque tout à ce qui fait le superbe touché des jeux de Bungie et donc Destiny (gunplay, pattern et drop des ennemis sur le terrain via vaisseaux, déplacement à bords de mini vaisseaux anti-G…). Après un préambule lourdaud on se retrouve dans un vrai monde ouvert où l’on peut se reposer ici ou là, admirer les horizons comme les détails dessinés au gros feutre, ou aller, à volonté au devant des escarmouches. Après plusieurs décennies de pratique du jeu vidéo, je comprends enfin que ce sont désormais ce type de jeux immersifs où, tout en restant et existant dans le jeu, on choisit son moment de passer à l’action qui me conviennent le mieux. Par opposition aux jeux en flux quasiment tendu où chaque minute, à la limite de l’hystérie, requiert dextérité et nervosité permanente. Depuis les salles d’arcade, le jeu vidéo a heureusement muri avec ceux qui le font (et ceux qui le jouent encore) pour offrir des alternatives plus… accueillantes et donc, osons le mot qui fâche, moins hystérisantes.

Little Nightmares III

C’est pourquoi, ce même registre d’exploration méticuleuse de la campagne anglaise avant d’aller à la rencontre des ennemis, place l’original Atomfall parmi mes grands préférés de l’année malgré quelques maladresses. S’il fallait quand même retourner sur le terrain d’un gameplay plus nerveux, après une mise à jour le rendant plus abordable, la beauté stupéfiante stylée en cell shading manga de The First Berserker : Khazan devient mon premier choix dans une catégorie désormais trop encombrée de Souls-like. Quant à Little Nightmares III repris en main par Supermassive games, après une période de scepticisme « culturel » qu’un autre studio puisse renouer avec le style original des deux premiers créés par Tarsier Studios, une fois en main et sur l’écran il faut bien reconnaître que Supermassive a réussi ce défi. Même si les situations interactives se répètent un peu et prennent moins de risque que le prochain Reanimal de Tarsier (essayer vite la démo disponible), Little Nightmares III a non seulement une ambiance sombre folle, mais des moments de pure émotion entre les deux petits personnages. Quand l’un des deux prend dans ses bras l’autre presque mourant, le tout dans un moment suspendu lourd de conséquences, cette minute d’amitié et de silence réussit à vraiment toucher là où tous les coups de feu, de sabres et de poings de l’année jeu vidéo ne font plus rien.

Les rééditions/remakes/remasterisations exceptionnel(les)…

Zelda Tears of The Kingdom / Switch 2 (aveu : première raison de l’achat de la Switch 2 day one, et pas déçu de – enfin – la 4K 60fps)

Zelda Breath of The Wild / Switch 2 (aveu : deuxième raison de l’achat de la Switch 2 day one, et pas déçu de – enfin – la 4K 60fps)

Days Gone / PS5 Pro (encore plus beau et immersif que la version 60fps déjà disponible, il fallait le réussir)

The Talos Principle Reawakened (visuellement enfin à la hauteur des puzzles de dingue)

Gears of War Reloaded (pas plus subtil aujourd’hui qu’à sa sortie mais drôlement bien remasterisé)

The Elder Scrolls IV : Oblivion Remastered (oui il y a des défauts mais rien qui puisse gêner le plaisir de revivre ce voyage avec des visuels d’aujourd’hui)

Tomb Raider Definitive Edition / Switch 2 (si si, contrairement à certains avis maniaco-techniques, le jeu est superbe sur Switch 2)

Les magnifiques indés (qu’il faut essayer absolument) …

Revenge of the savage Planet (exploration, plate-forme, tir, humour, créativité, réalisation digne d’un AAA dès que le 60 fps a été intégré)

Blue Prince (stupéfiant et inédit concept de puzzle game au style visuel BD européenne totalement adapté)

Metal Eden (entre Destiny et Doom Eternal, un FPS cyberpunk au touché et au level design très au point et jouissif)

Fast Fusion (sur Switch 2 véritable héritier speed de F-Zero, WipeEout, Redout)

Eternal Strands (plein de bonnes intentions que les devs peaufinent au fil des mois)

ROUTINE (immersion totale et génialement oppressante dans du NASApunk plus crédible que Starfield qui – rendons à César – a inventé le terme et l’idée graphique)

The Alters (vraiment sur une autre planète)

Arc Raiders (et son option solo « don’t shoot » qui laisse un peu d’espoir dans l’humanité en ligne)

Herdling (adorable et joli comme tout)

South of Midnight (belle thématique et approche visuelle, dommage que le gameplay soit plan-plan)

Rain World (pixel art de 2017 découvert en 2025 grâce au Game Pass Xbox)

Reanimal (la démo en attendant la sortie complète début 2026)

Le Meilleur DLC…

Atomic Heart : Enchantment Under The Sea (les développeurs désormais installés à Chypre continuent une double démonstration créative et technique que bien des studios doivent leur envier. Un 4e DLC bien fourni est ainsi déjà en approche alors que Atomic Heart 2 a déjà été présenté, et qu’un très excitant The Cube dans le même univers est aussi en développement)

Atomic Heart : Enchantment Under The Sea

Les gros jeux qui, plaisants, mais trop semblables à leurs prédécesseurs, m’ont laissé sur le carreau…

Death Stranding 2 : On The Beach (mêmes défauts et qualités que le premier = fascination et lassitude mêlées)

Cronos : The New Dawn (sous Dead Space à la difficulté mal réglée : sera ajustée en 2026 par le studio, on y retournera)

Monster Hunter Wilds (plus accessible mais toujours brouillon et bourrin à jouer)

Ghost of Yotei (duplicata vraiment trop semblable de Ghost of Tsushima)

Dying Light : The Beast (village à la place de grande ville ? Fausse bonne idée)

Note finale… et la Switch 2 dans tout ça ?

Ne surtout pas passer sous silence une vraie bonne nouvelle derrière toutes les polémiques, souvent négatives, qui polluent régulièrement l’industrie du jeu vidéo. 2025 signe surtout la sortie d’une nouvelle console Nintendo : la Switch 2 ! Si Nintendo semble avoir fait le choix le plus conservateur de son existence avec la Switch… 2 accompagné d’un Mario Kart (World) serviable, le succès commercial (malgré son prix élevé) oblige au respect. Ce succès replace le marché des consoles au centre de l’enthousiasme et toutes les mises à jour techniques des jeux Switch (les Zelda, Mario, Kirby…) confirment – aux plus sceptiques (ou aveugles) – que les fréquences bridées d’image et de résolution de la génération précédente de consoles Nintendo ou autres – étaient un vrai problème qu’il fallait résoudre. Le totalement original gameplay de Donkey Kong Bananza rappelle en parallèle que Nintendo n’a absolument pas perdu sa capacité créative. Bien que arrivant sans doute trop tard dans la grande chronologie de l’évolution du jeu vidéo, le trop classique et même un peu daté (cela fait mal de le dire) Metroid Prime 4 Beyond répond aussi au besoin des joueurs Nintendo les plus fidèles. Sans compter l’arrivée du catalogue GameCube dans l’abonnement Nintendo Switch Online (+ Pack additionnel). Une nouvelle fois, avec la Switch 2, Nintendo ouvre le chemin vers nos foyers de cette boite magique qui ne fait que du jeu et rien que du jeu. On attend la réponse de la concurrence.

François Bliss de la Boissière
(125 jeux pratiqués en 2025 dont 70 sortis cette année)

Zelda The Wind Waker GameCube 2025

BEST OF SÉRIES 2025 : Maturités (« nous ne sommes pas des chevaux »)

Contrairement aux films de longs métrages plus que jamais le cul entre deux chaises entre blockbusters et films d’auteurs égarés en salles ou en streaming (lire ici), les séries inédites et même saisonnières atteignent une maturité inespérée. La preuve avec Adolescence, un choc formel ET thématique.

Les quatre épisodes d’Adolescence auront saisi tout le monde aux tripes. Avec raison. Le filmage sidérant d’habileté en temps réel continu de chaque épisode, le décorticage de la masculinité toxique en ligne et en classe et, bien sûr l’interprétation de tous les concernés informent et bouleversent sans ambiguïté. Le Royaume-Uni se penche même sur ce problème sociétal/parental depuis la diffusion de la série sur Netflix. Depuis quand un film a eu autant d’impact sur le monde ?

Mes 13 séries préférées de 2025…

  • Adolescence (mini-série)
  • Squid Game (saison 3, suite de la saison 2)
  • Empathie (saison 1)
  • Glass Heart (mini-série japonaise… 10 épisodes !)
  • The White Lotus (saison 3)
  • The Last of US (saison 2)
  • You And Everything Else (mini-série coréenne… 15 épisodes !)
  • Sirens (mini-série)
  • Landman (saison 2)
  • Chief of War (mini-série)
  • The Diplomat (saison 3)
  • Nine Perfect Strangers (saison 2)
  • Alien : Earth (saison 1)

Battle pas loyale

Pour cause de culture jeu vidéo critique face aux battle royal (tout le monde s’étripe dans un même espace) puis, de la même façon, en rejet total des jeux du cirque télévisuels ou, désormais sur YouTube, j’avais fait une fierté personnelle de résister au tsunami médiatique lors de la première saison de Squid Game. Rétrospectivement quelle erreur bien sûr. Aspiré cette année par la qualité des séries japonaises et coréennes que produit Netflix en masse, je me suis résolu à tenter le visionnage Squid Game et, bien entendu, j’ai totalement craqué. Parce que, évidemment, au-delà du jeu sadique, le scénario et la mise en scène du créateur Hwang Dong-hyuk sont saisissantes. Le plus fort réside notamment dans le portrait psycho-social des joueurs poussés dans leur limite. Même si la surprise est moins grande, la deuxième saison coupée en deux et bouclée cette année ravage tout autant le coeur. L’évolution émotionnelle de l’anti-héros Seong Gi-hoon, alias 456, transforme, en tous cas dans mes écrans, l’acteur Lee Jung-jae en méga star. Un petit coup d’oeil amusé à la série tournée depuis : Au Plaisir de ne pas faire ta connaissance (Nice to Not Meet You) sur Prime Vidéo, confirmera, du drame à la comédie, tout le talent et le charisme de Lee Jung-jae.

Squid Game S02-03 / Lee Jung-jae

Pluie d’amour

Puis, dans le registre relations humaines au plus intime, la série franco québécoise surprise Empathie écrite et interprétée par Florence Longpré au côté du français Thomas Ngijol joue aussi au ping-pong émotionnel du je-t’aime-moi-non-plus. Une confusion des sentiments hétéro-gays sur un fil d’autant plus casse-gueule qu’elle se passe au milieu d’un hôpital psychiatrique. Un sujet qui fait peur mais non, l’humanité qui se dégage de tous les personnages plus ou moins équilibrés balaie toutes les inquiétudes.

Empathie (saison 1)

Coeurs de verre

Du côté des séries asiatiques où les mini-séries peuvent faire jusqu’à 10 ou 15 épisodes d’une heure (!), Glass Heart nous offre un enivrant et tourmenté voyage musical au sein d’un groupe de rock japonais en quête de succès. La jeune apprentie batteuse qui court après un génie de la musique un rien absent au monde réel (rançon du génie sans doute) propose de nombreuses scènes en live ou en répétition réalisées avec beaucoup de classe. La passion de la musique transpire de chaque plan.
La mini-série, cette fois coréenne You And Everything Else (15 épisodes !) suite l’amitié trahie de deux amies d’enfance à travers plusieurs décennies, le tout sur fond d’études de cinéma des protagonistes. On déteste et adore le duo tour à tour sans jamais être très certain d’identifier les vraiment méchant(e)s. La série révèle aussi dans nos écrans l’actrice Kim Go-eun capable de belles transformations (voir ausi sa prestation habitée dans la série Le Prix des Aveux également sur Netflix).

Glass Heart / Netflix

Volcanique

Autre surprise pour de bon culottée, surtout jouée en langue native hawaïenne, la série Chief Of War produite, interprétée et même parfois co-écrite par Jason Momoa lève un voile historique méconnu sur les tentatives d’unification des îles hawaïennes à la fin du XVIIIe siècle. Comme attendu, les conflits occasionnent des batailles sanglantes entre tribus indigènes et affreux colons blancs, mais pas que. Visiblement bien documentée, la série met aussi en valeur le mode de vie, les moeurs et les rituels colorés de la population originale hawaïenne. Une découverte sincère.

Chief of War / Jason Momoa

Super bad girls

Si l’on croit encore que seuls les hommes se créent des univers impitoyables, le visionnage de la mini-série Sirens rappellera que la cruauté existe aussi dans le royaume des femmes. Pseudo gourou de luxe, Julienne Moore règne ainsi d’une main de fer sur son chic domaine quasi exclusivement féminin jusqu’à ce que la punkette Meghann Fahy (The White Lotus saison 2) débarque pour arracher sa soeur à son emprise (Milly Alcock, attention, la prochaine Supergirl à la mâchoire carrée de James Gunn). Les règlements de compte font aussi mal entre filles.

Sirens / Meghann Fahy

Alien runner

Cas à part, entre fascination et circonspection, le projet Alien: Earth signé Noah Hawley (toutes les excellentes saisons de Fargo, excusez du peu) appelle un deuxième visionnage. L’univers du film Alien version Ridley Scott se retrouve bien à l’écran, mais, sans peur ni scrupule, Hawley y greffe plusieurs autres thématiques politico-économiques, multiplie les espèces alien au point de banaliser l’original de H.R. Giger. Plus déconcertant encore, le récit ce concentre d’abord sur des androids à la Philip K. Dick comme si Alien et Blade Runner appartenaient au même univers. À l’ère des réunifications mercantiles forcées des univers/multivers, est-ce une bonne idée créative ou un gimmick mercantile ? On attend la saison 2 avec curiosité, donc Noah Hawley a d’ors et déjà gagné son pari.

Alien Earth (saison 1)

Saisons 2 (ou 3)

Les nouvelles saisons de The White Lotus, The Last of US, The Diplomat, Landman et, plus inattendu, de Nine Perfect Strangers, remplissent sans décevoir le contrat qualitatif haut de gamme signés entre les spectateurs et leurs saisons 1. Au point que des suites ne seraient pas de trop.

François Bliss de la Boissière

Bonus…

Plaisir coupable, la saison 3 de The Gilded Age : ses paillettes, ses fabuleuses toilettes, sa révolution industrielle, ses enthousiasmes et échecs amoureux, sa lutte de classe (nouveaux riches et anciennes fortunes) dressent un portrait de l’Amérique naissante (en l’occurrence New York au début du XX siècle) assez utile aussi pour comprendre celle d’aujourd’hui.

The Gilded Age (saison 3)