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Best of Series 2021 : Drames d’intérieurs

Que dire sur les séries réussies et essentiellement adultes sinon qu’elles font la démonstration que le cinéma ne suffit plus. En tous cas pas, sans le nommer, celui trop numérique qui essaie de remplir les salles. 

Même en osant l’hérésie d’un intouchable remake tout en inversant le propos (Scenes from a Marriage), une saison 2 (The Morning show), un western contemporain faussement réac (Yellowstone enfin en France), des pseudos vacances à la plage (The White Lotus) ou pauses thérapeutiques (Nine Perfect Strangers et le tétanisant En Thérapie français), ces séries là ont plongé dans l’âme humaine avec une force incisive peu commune.

Dialogues, mise en scène, photogénie n’ont absolument rien à envier au meilleur du cinéma. Et quand les sujets et les showrunners font venir les acteurs/actrices du grand écran – avec des statuts de co producteurs, donc pour entendre leur opinion créative – on obtient des objets cinématographiques qui ne se contentent plus de 1h30 ou 2h de projection.

En passant, de Yellowstone en 4 saisons (2 seulement accessibles en France ? Allons !), au récent préquel 1883 (pas encore en France ? Allons !), Taylor Sheridan s’installe aux côtés de Aaron Sorkin comme un des plus importants scénariste/dialoguiste au monde (au style concis et mordant à la James Cameron). Sans compter qu’il met aussi en scène films et nombreux épisodes. Très fort aussi, tout en valorisant le masculin, il développe des personnages féminins hors du commun. Dans Yellowstone, Sheridan offre à l’actrice britannique Kelly Reilly (que le public français avait tant aimé dans L’ Auberge espagnole et Les Poupées russes de Cédric Klapisch) un rôle d’une puissance telle que son talent explose à l’écran d’épisodes en épisodes.

Un petit regret enfin avec la disparition du réalisateur Jean-Marc Vallée cette année. Il laisse derrière lui, avec un style particulier de filmage et de montage, deux formidables séries (Big Little Lies saison 1, et Sharp Objects) ainsi que, moins connu dans sa filmographie, le long métrage Demolition qui, avec beaucoup d’élégance, en dit long sur la mort et le deuil.

Mes 10 séries préférées (et vues jusqu’au bout) de 2021

  • Scenes from a Marriage
  • En thérapie
  • Yellowstone
  • Colin in B&W
  • Cry Wolf
  • The White Lotus
  • Nine Perfect Strangers
  • Mare of Easttown
  • The Morning show 2
  • Dopesick

Mention spéciale

  • The Beatles : Get Back. Signée Peter Jackson, la vertigineuse réhabilitation de l’enregistrement du Get Back des Beatles redonne vie à toute une époque. Et laisse voir de très près le processus créatif des Fab Four. Magique.

François Bliss de la Boissière

Kelly Reilly dans Yellowstone

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Pour en savoir plus, n’hésitez pas à lire ma Note d’intention.

Best of Jeux 2021 : Les canons du succès

Same player shoot shoot and shoot again, les canons du jeu vidéo sont de retour en 2021. On a beau être farouchement pacifique et anti militariste dans la vraie vie, impossible de ne pas en passer par les armes virtuelles pour goûter au meilleur du jeu vidéo. En 2021 plus que jamais.

D’avantage que d’autres années sans doute, la difficulté d’un tel classement ne consiste pas à repérer les meilleurs jeux de l’année mais à établir un pseudo ordre de préférence. Quand on a l’opportunité volontaire de pratiquer tous les jeux significatifs, les bons et très bons s’imposent d’eux-mêmes. En revanche, au niveau d’achèvement technique et artistique atteint par tous ces titres, au nom de cet exercice annuel de synthèse, s’imposer un classement décroissant vire à l’injustice subjective. Je veux dire par là que les 10 jeux retenus ci-dessous, AAA déclarés et jeux dits indés dont la réalisation s’apparente à un AAA, méritent de s’aligner sur un seul et même podium.

Une sélection à vocation politiquement correct

Mon tri affiché cette année se veut en plus citoyen politiquement correct du jeu vidéo. Sans passer nécessairement par la case pseudo intello du jeu vidéo. En tant qu’expérience sensorielle complète, le jeu vidéo au sens plein et immersif reste encore physique et organique. Utiles et nécessaires à défricher le terrain, les propositions interactives froides et juste malignes, voire auteurisantes, ne suffisent pas à représenter le jeu vidéo qui passionne. Les très jolis JETT et Sable laissent par exemple un peu sur le bas-côté (et je n’ai pas, encore, joué à Psychonauts 2 dont le retour réchauffé « pour les fans » m’inquiète, sans doute à tort). Ce n’est pas tous les ans que Jonathan Blow sort un Braid ou un The Witness qui rejoignent, comme très rarement, les deux qualités, intellectuelles (ou cérébrales) et interactives. Tout cela pour dire que, par raison, instinct et culture croisée du cinéma, je privilégie d’abord les grands spectacles audiovisuels. D’autres chemins sont évidemment possibles du côté universitaire.

Plafonds de verre

Ainsi, pour, sciemment, éviter de mettre en avant les shooters 2021 (sauf l’inédit Returnal qui ne vise que des lumières) qui atteignent pourtant des sommets de jouabilité excentrique et raffinée, je pose donc les tout aussi remarquables Ratchet & Clank et Kena en haut de la liste. Cela évite aussi d’avouer avoir joué bien plus longtemps que raisonnable aux campagnes de tel ou tel classieux shooter. On aimerait aussi ne garder en tête que les titres totalement originaux comme l’éblouissant Returnal – dont je ne verrai jamais le bout, ou Deathloop qui malgré son génie fait beaucoup tourner en rond. Mais quand les suites brisent des plafonds de verre jusqu’à surclasser magistralement la qualité même des épisodes précédents, celles-ci deviennent des entités quasi autonomes, des reboots auto légitimés, de nouveaux repères qualitatifs. On pense bien sûr aux stupéfiants Forza 5, Ratchet & Clank, Resident Evil Village, Metroid Dread et même, encore plus inattendu après le psycho drame de 2020, Halo Infinite. Oui, en 2021, le jeu vidéo a été plus immersif et absorbant que jamais.

Mes 10 jeux vidéo préférés de 2021

1/ Returnal (avis ici)

2/ Forza Horizon 5

3/ Ratchet & Clank : Rift Apart (avis ici)

4/ Kena : Bridge of Spirits (avis ici)

5/ Resident Evil Village (avis ici)

6/ Metroid Dread (avis ici)

7/ Halo Infinite

8/ Deathloop (avis ici)

9/ The Ascent (avis ici)

10/ Marvel’s Guardians of the Galaxy (avis ici)

Indés au top aussi

Quand ils ne jouent pas la carte ouvertement rétro pixel, la frontière qui sépare jeux indés et grosses productions devient de plus en plus ténue. Ambitieux et réussis sur tous les plans, Kena et The Ascent par exemple n’ont absolument pas l’air de jeux indé. Les sept ci-dessous ne représentent qu’une infime partie de la production indé de l’année bien sûr. Mais j’ai bien joué ceux-là et ils m’ont presque autant estomaqué que les précédents listés en AAA. Sorti tardivement en décembre, White Shadows par exemple reprend avec brio le flambeau de INSIDE ou même Oddworld, et propose une vision à son tour bien personnelle du monde à travers un jeu de plateforme et de puzzle classique mais réinventé. Encore en early access, l’imprononçable (essayer en boucle) Arcadegeddon dégage une rétro énergie de l’arcade à Nintendo en passant par le Sega des 90s qui, frappée de rythmes hip-hop, le rend tout à fait moderne et digne de détourner la jeune population de Fortnite.

  • Little Nightmares 2
  • Death’s Door
  • White Shadows
  • It Takes Two
  • The Pedestrian
  • Arcadegeddon
  • The Gunk

Mention spéciale 2021

Sortis en 2021 et totalement réussis comme l’aventure principale, les 2 derniers DLC de Immortals Fenyx Rising (avis ici) ont permis à l’inédit d’Ubisoft Québec de prolonger sa formidable aventure à la Zelda.

François Bliss de la Boissière

White Shadows
White Shadows

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Best of Films 2021 : un air de victoire

Bons et mauvais films, la liste 2021 va être longue car malgré les sorties limitées en salle et la pandémie en cours, les films arrivent jusqu’à nous généreusement par tous les canaux. J’ai donc eu la chance de voir 106 films datés de 2021 (liste ici). En voici une rapide synthèse.

Les reports 2020 enfin sortis en 2021 révèlent des réussites inégales, en tous cas qui ne méritaient pas de tenir en haleine tant de mois. Sans plaisir de bouder, les Black Widow, Matrix Resurrections et autre « dernier » James Bond sont aussi boursouflés d’orgueil, d’auto-citation, et donc de vide, que les blockbusters direct-to-vidéo (c’était le terme auparavant) récupérés ou produits par les plateformes de streaming. On en liste ci-dessous avec carton rouge. Pas encore vu le Spider-Man sous-titré sans doute méta « No Way Home « (pas projeté à domicile donc) mais celui-ci joue autant le recyclage et le fan-service que Matrix Resurrections. Donc méfiance…

Malgré le prestige annoncé, les longs métrages inédits d’Apple TV + plus nombreux que l’année précédente (Palmer, La Mission, Cherry, Finch, Swan Song, le remake Coda) tombent la plupart à plat et à côté de leurs trop bonnes intentions affichées. Les blockbusters à effets spéciaux déclarés chez Amazon Prime Vidéo (The Tomorrow war, Sans aucun remords, Infinite…) ou Netflix ont l’air plus ridicules encore sur nos beaux écrans à domicile, qu’au cinéma si l’occasion leur avait été donné.

Alors si le cocktail effets spéciaux et mega stars ne suffit plus à donner le là du cinéma, il reste heureusement les drames humains et l’écriture. Et même si d’évidence, les séries prennent de plus en plus la vedette sur ce terrain plus dramaturgique et psychologique (ma sélection 2021 bientôt en ligne…), le cinéma d’auteur et de hauteur sait encore exprimer le meilleur. Et, très bonne nouvelle, les films français en particulier renouent avec une intensité pas si fréquemment au rendez-vous.

Mes 16 films préférés de 2021…

  • Annette
  • Suprêmes
  • The Father
  • Mes frères et moi
  • Ammonite
  • The World to come
  • Land
  • Oxygène (Netflix)
  • Malcom & Marie (Netflix)
  • Comment je suis devenu super-héros
  • Cruella
  • Les fantasmes
  • Supernova

Où l’on remarque une majorité de films français. Deux films français semi musicaux, Annette, l’un opéra-rock qui signe le retour au top du top de Leos Carax, l’autre, Suprêmes, rap de rue (forcément), qui s’arrachent enfin au syndrome Jacques Demy. Des films sociaux entre satire et réelle dénonciation (Présidents, La Fracture, France) qui donnent autant à rire qu’à réfléchir, et à compatir. Des intrusions sans concession dans les douleurs des familles avec The Father et Mes Frères et moi. Des films puissants de femmes sur les femmes (Ammonite, The World to Come, Land) qui rappellent que la dignité de la solitude n’est, évidemment pas, l’apanage de l’homme comme, du cow-boy au flic ténébreux, trop de récits l’ont fait croire. Des films quasi expérimentaux culottés sur Netflix avec Oxygène et Malcom & Marie où le spectateur est invité dans la tête de belles (et un beau) actrices en pleine crise introspective. Les meilleurs films de super-héros de l’année, vraiment, avec l’Unbreakable français Comment je suis devenu super-héros et l’explosif fashion victim Cruella. Et des revisitations de l’amour par l’intimité du sexe avec Les Fantasmes et jusqu’au bout de la vie avec Supernova.

Mention spéciale…

  • Dune. Trop de froideur sans doute, grosse impression de redite sur de nombreuses scènes vues dans le Dune de David Lynch. Les récits de messies de Superman à Néo/Matrix sont-ils encore utiles ? Et puis surtout, une moitié d’histoire. On attend la suite pour saisir tout l’ensemble.
  • Le Dernier Duel. Sujet fort et malin d’actualité mais le principe de la répétition des mêmes faits sous trois versions donnent quand même l’impression de radoter. Et, défaut récurrent depuis Kingdom of Heaven, les montages de plus en plus elliptiques, et donc à trous, de Ridley Scott nuisent à la compréhension et à la logique du récit et des personnages.
  • Sans un bruit 2. Pas aussi puissant que le premier arrivé par surprise mais qui confirme le talent de metteur en scène de John Krasinski.
  • Oranges sanguines. Une claque redoutable, un humour noir et sang qui ronge l’os jusqu’à la moelle. Une satire punk et donc destroy qui décape la comédie française.
  • Clair-obscur (Netflix). Un noir et blanc sublime pour un sujet féministe et racial fort.
  • The Lost Daughter (Netflix). Premier long métrage mature et maitrisé de l’actrice Maggie Gyllenhaal avec une Olivia Colman encore stupéfiante d’intériorité et une Dakota Johnson quasi méconnaissable.
  • Pieces of a Woman (Netflix). Encore un très beau film sur les femmes avec une poignée d’actrices hyper intenses dont Vanessa Kirby et Molly Parker.
  • Zack Snyder’s Justice League (VOD). Le (re)montage signé Snyder méritait d’exister ne serait-ce que pour la curiosité et le format plein 4/3 inédit au format numérique
  • Guermantes (salles). Un bel essai entre cinéma, théâtre, Covid-19, impros individuelles et en troupe. Pour moi le meilleur film de Christophe Honoré.

Gros ratage

  • Chaos Walking
  • Godzilla vs Kong

Embarrassant plus qu’autre chose

  • Benedetta
  • OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire
  • Matrix Resurrections

François Bliss de la Boissière

Dune
Dune de Denis Villeneuve (2021)

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DEATHLOOP : Shebam, pow, blop, wizz… pan dans les 60s

Brillant et intimidant jeu d’action-tir en vue subjective et, surtout, de cache-cache ultime, la nouvelle réalisation du studio lyonnais Arkane renverse la table et bouscule les neurones.

Grand spécialiste de la « simulation immersive », les productions Arkane immergent dans des architectures sophistiquées (cités victoriennes steampunk de Dishonored 1 et 2, station spatiale art déco de Prey), où le joueur a presque le contrôle physique sur les lieux, les objets et les évènements.En refusant la progression chapitrée chronologique de l’aventure, Deathloop bouscule ces conventions et entraine de façon audacieuse dans une boucle temporelle infernale qui échappe toujours au joueur.

Notre destin consiste justement à maîtriser en la revivant sans cesse cette boucle temporelle digne des films Un jour sans fin et Edge of Tomorrow. Prisonnier d’une île rocheuse où des millionnaires délirants se sont inventés une journée éternelle de jouissance, le héros recommence les mêmes 24h du matin au soir en se réveillant sur la même plage de sable noir d’une mer gelée. Totalement imbriquées dans le scénario, les règles complexes de gameplay imposent lecture copieuse et gymnastique cérébrale avant de comprendre les enjeux et surtout la méthode à suivre. Une charge mentale à accepter qui conduit le joueur/cobaye à ressentir émotionnellement et intellectuellement le gameplay et le scénario entremêlés.

Ambiance James Bondienne jazzy, ultra violence clownesque à la Orange Mécanique…, Deathloop multiplie les références culturelles des années 60-70 et donne à jouer une oeuvre plastique complexe et unique. Sans se prendre pour autant trop au sérieux. 

PC et PS5
Action-tir-infiltration-énigmes
VF et VO anglaise sous-titrée
1 joueur, 2 joueurs en ligne
PEGI : à partir de 18 ans
Arkane Studios (Lyon), Bethesda

François Bliss de la Boissière

(Publié dans le mensuel Comment ça marche / décembre 2021)


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LA FRACTURE : Du rire aux drames (Avis express)

En enfonçant sa caméra scalpel au coeur des motivations et blessures des manifestations de gilets jaunes fin 2018, la réalisatrice-scénariste de La Belle saison (2015) plonge sans anesthésie dans la plaie béante de la crise économique, sociale et politique qui divise la société française.

Le tout avec un mélange de légèreté (les gags et les gaffes pleuvent) et de profondeur (les souffrances physiques et psychiques sont réelles) qui laissent sans défense.

On pensait avoir tout vu et tout compris des difficultés des hôpitaux avec les films et la série Hippocrate de Thomas Lilti et puis quand les violences policières cognent à la porte des urgences d’un hôpital parisien submergé, le réel et le niveau d’intensité grimpent jusqu’à ébullition. Dans l’énorme capharnaüm où les urgences s’entassent, les actrices et acteurs eux aussi au bord de l’implosion osent des prestations tragicomiques inoubliables. Un film français coup de poing rare et précieux.

De Catherine Corsini, avec Valeria Bruni Tedeschi, Marina Foïs, Pio Marmaï…

François Bliss de la Boissière

(paru dans le mensuel Comment ça marche / novembre 2021)

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KENA : BRIDGE OF SPIRITS : Trop beau et pourtant vrai

Inspirée par la culture mystique indonésienne de Bali, musiques traditionnelles, sanctuaires sacrés et guides spirituels entrainent la jeune Kena dans des villages rustiques, des forêts oubliées aux arbres gigantesques, le long de torrents à l’eau cristalline.

Dans son parcours presque intimiste dans la nature, Kena se fait accompagner de petits esprits à débusquer dans les buissons, sous des pierres ou des coffres cachés. Plus lestes que les fameux Pikmin, ces dizaines de créatures adorables papillonnent telle une nuée de moineaux. Ils se posent ici et là autour d’elle, montrant parfois le chemin. Compagnons fidèles, ils ronronnent de plaisir quand Kena les nourrit de baies et, sous ses commandes, participent activement à la résolution des mystères et des combats. En accumulant du karma, ils ajoutent des coups spéciaux à la puissance du bâton magique et de l’arc de lumière de Kena.

Premier jeu vidéo d’un studio d’animation 3D, Kena profite d’un savoir faire visuel éblouissant à la hauteur d’un film d’animation 3D du cinéma. Et s’il fallait alors s’inquiéter d’une prise en main moins réussie lors d’un premier essai interactif trop beau pour être vrai, pas de réserves, les commandes fonctionnent merveilleusement et très précisément à chaque instant.
Une aventure à la Zelda aussi magique à jouer qu’à regarder. 

PC, PS4, PS5
Action-aventure
VO anglaise sous-titrée
1 joueur
PEGI : à partir de 12 ans
Ember Lab

François Bliss de la Boissière

(paru dans le mensuel Comment ça marche / décembre 2021)


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Returnal : Feu d’artifice élitiste

Bon courage avant de découvrir les six biomes / écosystèmes de la planète Atropos inclus dans cette super production PlayStation 5.

Le frénétique jeu d’esquive et de tir d’arcade 2D de Housemarque devenu démonstration techniquo artistique next-gen 3D requiert des aptitudes à la manette hors norme. Returnal a d’ailleurs relancé le débat du seuil infranchissable de difficulté retenu parfois délibérément par les créateurs de jeu, surtout payé au prix fort des exclusivités PS5.

D’évidence Sony vise sa clientèle la plus élitiste, pour ne pas dire hardcore. Difficile mais pas bloquant (recomposé à chaque tentative, chaque périple dans le dédale d’Atropos est unique) et surtout extrêmement maniable, Returnal tient ses promesses de spectaculaire.

Les développeurs de Resogun réinventent avec brio le jeu de tir et d’exploration immersive à la Metroid Prime de Nintendo. L’impressionnante bande son atmosphérique donne vie à une grouillante planète organique. Sensations troublantes, la manette DualSense vibrante et sonore témoigne de chaque respiration et goutte de pluie. Les aliens protéiformes et la flore fluorescente transforment les confrontations en éblouissants ballets de lumières et de particules. Sélène, l’astronaute échouée sur Atropos, meurt, ressuscite, et revit en boucle son crash. Le joueur aussi et partage ainsi son traumatisme en recommençant inlassablement l’aventure.

PS5
Aventure – jeu de tir et d’esquive
1 joueur
PEGI : à partir de 16 ans
Housemarque / Sony Interactive Entertainment

François Bliss de la Boissière

(publié sous forme raccourcie dans le mensuel Comment ça marche / Juillet-Août 2021)


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Rouge : Alerte Usine pollueuse en France

Il était sans doute temps qu’un film français s’attelle à son tour au sujet brûlant de la pollution industrielle. Avis express…

Le cinéma américain tente d’éveiller les consciences sur les usines pollueuses depuis au moins l’an 2000 avec le célèbre Erin Brockovich et récemment avec le plus maladroit et manichéen Dark Waters.

Dans Rouge – la couleur des rejets d’une usine chimique – un délégué syndical offre à sa fille le poste d’infirmière de l’usine où il travaille depuis 30 ans. Alarmée par l’état de santé négligé des ouvriers, celle-ci découvre les secrets que cachent l’usine et ses responsables.

Couplée à des rapports affectifs père veuf avec ses deux filles, dont une préparant son mariage, le plaidoyer écologique et sanitaire avance avec de gros sabots. Surtout en brossant superficiellement au passage les politiques, journalistes et activistes. Interprétation sensible et pédagogie nécessaire rendent l’effort louable.

De Farid Bentoumi, avec Zita Hanrot, Sami Bouajila, Céline Sallette, Olivier Gourmet… 

François Bliss de la Boissière

(Publié en décembre 2020 dans le mensuel Comment ça marche)


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Antoinette dans les Cévennes : Laure Calamy seule en selle

Tout le monde adore Laure Calamy, n’est-ce pas ? De la série Dix pour cent à ses rôles de meilleure amie, soeur, collègue, voisine,… sa drôlerie, sa bonhommie, son sens du burlesque et son intensité (rires ou pleurs instantanés) dynamise chacune des scènes où elle apparait.Laure Calamy seule en selle

Retrouver Laure Calamy seule en tête d’affiche n’était qu’une question de temps. Même si elle la partage avec un âne. Institutrice follement amoureuse d’un homme marié, Antoinette a l’idée évidemment saugrenue de le rejoindre là où il passe ses vacances avec sa femme et son fils. Avec l’espoir de le croiser, elle se lance alors toute seule sur un parcours de randonnée dans le Parc national des Cévennes. Sur le modèle du livre Voyage avec un âne dans les Cévennes de Robert Louis Stevenson, Antoinette entreprend son parcours avec un âne plutôt qu’un sac à dos comme tout le monde. Sans surprise, le duo de la fille qui ne connait rien à la randonnée et de l’âne têtu déclenche presque toutes les situations comiques attendues. Il renvoie aussi à La Vache et le Prisonnier, un classique de la comédie française avec Fernandel (1959). Présente dans presque tous les plans, avec ou sans âne, Laure Calamy électrise la pellicule de son humour, de son énergie et de cette candeur dont elle fait sa spécialité. Finalement anecdotique, le vaudeville amoureux champêtre annoncé s’estompe dans le beau paysage des Cévennes pour laisser la place à un sympathique film de vacances. 

De Caroline Vignal, avec Laure Calamy, Benjamin Lavernhe, Olivia Cote…

François Bliss de la Boissière

(Publié en octobre 2020 dans le mensuel Comment ça marche)



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ADN : L’origine du moi

Du Bal des actrices à Polisse et Mon Roi, Maïwenn nous a habitué à son cinéma ou fiction et réalité s’entremêlent avec une sincérité confondante.

Cette fois encore, la réalisatrice/actrice nous fait vivre, littéralement, le deuil du grand-père bien aimé de sa famille. Jusqu’à tomber dans un excès lacrymal, la première partie du film suit les dernières heures du grand-père en Ehpad, entouré des petits enfants qui l’adorent.
On retiendra de cette longue et lourde séquence une pertinence évidemment non prévue au tournage. Depuis son arrivée, le Covid-19 a provoqué de nombreux décès dans des maisons de retraite confinées sans que les familles puissent se réunir. Quitte à tomber en larmes, ADN servira alors peut-être de catharsis. Le film sera par contre à éviter si une douleur familiale reste trop vive. Heureusement, la présence finement utilisée de Louis Garrel (Le Bureau des Légendes) désamorce régulièrement le drame. Bien écrit, son personnage faussement désinvolte introduit de l’humour là où il ne devrait pas y en avoir et offre des bouffées d’air frais et de rires qui soulagent.
Et puisqu’il s’agit d’une histoire de famille en deuil, les scènes d’embrassades et de disputes s’enchainent entre tragédie et drôlerie comme dans la vraie vie. La mort du grand-père né en Algérie envoie ensuite Maïwenn en quête de ses origines et ouvre le film sur d’autres perspectives, toujours intenses mais aussi plus légères.

De Maïwenn, avec Maïwenn, Louis Garrel, Fanny Ardant…

François Bliss de la Boissière

Publié en novembre 2020 dans le mensuel Comment ça marche


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Slalom : Dérapages glacés (avis express)

À peine arrivée à sa formation de ski-étude dans les Alpes, Lyz, 15 ans, se fascine pour l’entraineur pourtant autoritaire du club. « C’est la première fois que quelqu’un s’intéresse à moi » confesse-t-elle à une amie. Ses parents divorcés la délaissent trop et, sans surprise, l’entraineur va entamer avec sa jeune championne une relation inappropriée.
L’emprise des hommes en situation de pouvoir sur des jeunes aspirantes sportives, actrices ou autres mineures est un des graves problèmes de société qui remontent enfin.
Ce film, convenu mais utile, essaie d’en témoigner en gardant le point de vue de l’adolescente qui ne dit pas non, mais pas oui non plus.

De Charlène Favier, avec Noée Abita, Jérémie Renier, Muriel Combeau…

François Bliss de la Boissière

(Publié en novembre 2020 dans le mensuel Comment ça marche)


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Milla / babyTeeth : Bouleversant de tendresse

Un mélodrame bouleversant de tendresse

On aime cette histoire d’amour improbable entre une lycéenne et un toxico parce qu’elle entraine le spectateur dans un trip émotionnel unique et bouleversant. Leur rencontre est brusque et disruptive.
Lui, presque inoffensif, drogué tatoué et percé de partout vit au jour le jour dans la rue. Elle, fille de parents aisés, vit apparemment une vie confortable et ordinaire de lycéenne.

Quand ils se bousculent sur un quai de train, Milla se fascine pour un garçon à peine plus âgé frôlant, avec le sourire, la mort au quotidien. Elle va l’imposer chez elle à ses parents curieusement démunis et laxistes devant son choix. Ce n’est qu’assez tard dans le film que le spectateur comprend l’attitude hyper sensible et pas toujours rationnelle des uns et des autres : bien qu’aucun signe extérieur le signale, Milla souffre d’un cancer. Sa mère tient tout juste le choc en se gavant de médicaments et le père, psy dépassé par les évènements, essaie lui aussi de ne pas craquer. Des petits moments éparses d’un quotidien en train de dérailler construisent le puzzle de la vie de chacun avec une sorte de nonchalance trompeuse.
Car on entre dans ce film puissant par le petit bout d’un entonnoir. Au début étriqué, voire un peu convenus, le sujet et les personnages grandissent au contact des uns et des autres jusqu’à un final éblouissant et inoubliable. Un mélange habile de drame et d’insoutenable légèreté de l’être ponctué de musiques électro chic donnant envie de bouger et de vivre. 

Babyteeth (titre original) De Shannon Murphy, avec Eliza Scanlen, Ben Mendelson, Essie Davis…

François Bliss de la Boissière

(Publié en mai puis octobre 2020 dans le mensuel Tout comprendre)


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L’envolée : Diamant brut (Avis express)

Ce portrait d’une ado britannique en quête d’identité scintille comme un diamant brut.

Moquée par ses partenaires de gymnastique acrobatique où elle excelle, ignorée par son père veuf quasi absent, Leigh se découvre à 14 ans un demi-frère.
Dans un mélange de rejet et d’attirance réciproque, ils s’apprivoisent en commettant quelques larcins. Malgré leurs mauvaises influences, Leigh s’éveille au contact des garçons autour de son frère.
Un portrait naturaliste d’ados dont chaque minute de vie est essentielle, quand chaque émotion bascule sans transition du chaud au froid puis au chaud.

De Eva Riley, avec Frankie Box, Alfie Deegan, Sharlene Whyte…

François Bliss de la Boissière

(Publié en mai 2020 dans le mensuel Tout Comprendre +)


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